mardi 7 octobre 2008

Les explications de Pedro Catalan, Ph.D



La poésie est décidément partout. Prenons le secteur du capitalisme financier et l’exemple des obligations-catastrophes ; c’est très beau ce rapprochement, cet adossement de substantifs, comme une vague réminiscence des précurseurs sombres deleuziens. Obligations-catastrophes, donc, ou titrisation des risques d’assurance liés aux catastrophes naturelles via les marchés de capitaux. Si. Ces obligations, finement paramétrées en fonction d’occurrences catastrophiques, de périodes et de périmètres géographiques spécifiques permettent aux assureurs de réduire leurs risques en les transférant aux investisseurs. Qui y trouvent une manière de petite jubilation : une catastrophe naturelle, survienne-t-elle ou pas, ne dépend en rien des conditions économiques ou de la performance du marché. Soit encore : décorrélation statistique des autres instruments financiers et stabilisation proportionnelle du portefeuille. Rendement, élevé. Bien entendu, une telle opération de transfert nécessite un peu de technique, plus précisément, la mise en place de ce que l’on identifie du sobriquet véhicule de titrisation, ou véhicule de conduit, visant, essentiellement, à ce que les titres issus de la titrisation soient vendus aux investisseurs pleinement assortis de leurs risques. Ben oui. Revers de la médaille, en cas de catastrophe avérée, les investisseurs encourent évidemment la perte de leur principal ou de leurs intérêts, voire des deux. Ben oui. Pas vraiment de morale mais deux conclusions à cette histoire : 1) toute catastrophe naturelle intelligemment assurée fait deux types de victimes et il est assez injuste qu'il ne soit jamais fait mention des secondes – 2) si obligation-catastrophe sonne agréablement à l’oreille, véhicule de titrisation beaucoup moins ; on proposera utilement de remplacer ce dernier par un outil équivalent et inventé de longue date par les Shadocks : la pompe.

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